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Appel des cotisations 2011

Cher adhérent,

Il était une fois... une pépinière et des « chats Tillonnais ».

En Côte d'Or, à Châtillon-sur-Seine, il y avait une pépinière réputée, appartenant à un couple qui travaillait beaucoup : les plantes, c'est presque comme les animaux, il faut s'en occuper tous les jours, pourvoir aux besoins particuliers de chacune d'entre elles et en prendre grand soin si l'on veut qu'elles se développent harmonieusement. Notre couple était donc fort occupé, et n'avait pas une minute à perdre.

Un beau matin, alors qu'elle taillait ses poiriers, la pépiniériste surprend un matou hirsute, efflanqué, hagard, qui, probablement un peu sourd ou alors trop faible, ne l'avait pas entendue arriver. Sans plus faire le moindre bruit, économisant ses gestes afin de ne pas provoquer la fuite du chat, notre pépiniériste se retire puis revient discrètement avec une soucoupe de nourriture pour le pauvre hère, qui d'abord recule, affolé, se dissimule derrière un pot puis revient, bravant sa peur, incapable de résister à cette aubaine. Mais, à la stupéfaction de la jardinière, ce sont plusieurs chats, tous à peu près dans le même triste état, qui surgissent alors de nulle part et se jettent sur la soucoupe.

En fait, ils étaient vingt-cinq et même un peu plus à s'être réfugiés dans la pépinière, où personne ne les pourchassait, où ils n'avaient plus à craindre les bruits et les pièges de la cité. Comment survivaient-ils ? On sait bien que les chats mal nourris sont de mauvais chasseurs ; on sait aussi que la disette et l'instinct de survie peuvent les pousser à dévorer une croûte de pain...

C'est à ce moment précis de l'histoire que tout se joue : le sort des chats dépend de la qualité de l'être humain qui les découvre. D'un côté les égoïstes, défaitistes, qui sont toujours frappés de fatigue chronique : ils ne voient que les nuisances et les inconvénients, remuent ciel et terre pour que « quelqu'un vienne enlever les chats », poussent les hauts cris lorsqu'on leur explique comment, avec leur participation, on pourrait résoudre au mieux la difficulté. Heureusement, ils ne sont pas très nombreux. De l'autre côté, ceux qui voient d'abord l'état de détresse et de souffrance dans lequel se trouvent les pauvres bêtes, analysent la situation avec bon sens et clairvoyance et acceptent de prendre part au sauvetage lorsqu'on leur explique que le petit refuge de Charlotte affiche complet en permanence et que le refuge des Cailloux, lui aussi surpeuplé du 1er janvier au 31 décembre, ne peut pas accueillir toute la misère du monde.

D'aucuns, à la place de la pépiniériste, auraient crié au scandale, recouru à la fourrière ou même utilisé, au mépris de la loi, un procédé plus expéditif et plus barbare encore pour se débarrasser des chats. Mais notre jardinière avait le coeur bon, et ne manquait ni d'intelligence ni de courage. Elle sollicita notre association, qui s'empressa d'accorder les bons de stérilisation et de tatouage nécessaires, puis entreprit de déposer chez le vétérinaire, à tour de rôle, tous les squatters de sa pépinière, au fur et à mesure qu'elle les découvrait. Dans le même temps, elle aménagea des abris pour ses protégés : un hangar fit l'affaire, et se vit bientôt adjoindre une jolie maison de bois, avec porte, fenêtre et chattière, spécialement construite pour les chats, et dont l'intérieur fut superbement aménagé pour leur procurer tout le confort possible.

Ce conte de fées est une histoire vraie, et vous pouvez voir sur notre site internet des photos des « chats Tillonnais » : dodus, confiants, heureux, ils sont méconnaissables. Quant à leur bonne fée, heureuse elle aussi, elle trouve tout naturel d'avoir pris part -et de loin la plus grande part- au sauvetage des chats.

Si je vous ai conté cette jolie histoire, qui est une de nos fiertés de l'année 2010, c'est pour que chacun de nous se souvienne qu'en matière de protection des chats errants, la réussite découle de la coopération de trois acteurs, chacun des trois étant indispensable : celui qui découvre les chats, veut qu'ils soient sauvés, et décide de devenir leur protecteur ; le vétérinaire qui, en collaborant avec notre association, accepte un sacrifice financier important et un travail parfois difficile et ingrat ; et l'association qui assume l'organisation et finance, grâce à vos dons, les stérilisations. Si l'un des acteurs manque, rien ne va plus. C'est bien l'union qui fait la force.

Pour illustrer 2010 encore, voici le récit d'un sauvetage peu banal : à Dijon, une jeune chatte très maigre, apprivoisée mais manifestement abandonnée depuis plusieurs mois au moins, arrive sur le lieu d'une « soupe populaire » tenue par un protecteur. Elle est emprisonnée -depuis combien de temps ?- dans un de ces rouleaux de plastique adhésif marron qu'on utilise pour fermer les cartons. Il est impossible qu'elle se libère de ce carcan qui lui comprime la poitrine. Difficile de croire que la chatte s'est mise toute seule dans ce mauvais cas. On imagine plutôt que ce supplice est le résultat d'une méchante farce de gamin ou le fait d'un pervers. Il fallut une anesthésie générale et la scie du vétérinaire pour délivrer la chatte, et le praticien constata que, serrée dans son carcan, la chatte avait été gestante et avait mis bas. On se demande comment elle avait survécu. Vous pouvez la voir, elle aussi, avant et après l'opération, sur notre site internet. Nous avons d'ailleurs récemment décidé de relater sur notre site, lorsque nous en aurions le temps, les sauvetages peu ordinaires auxquels nous procédons parfois.

L'année 2010 a été terriblement chargée : au 4 octobre, date de notre dernier pointage, nous en étions à 419 chats stérilisés et tatoués, à quoi il convient d'ajouter des interventions chirurgicales diverses. Chaque année, le nombre augmente, mais il ne fait pas de doute qu'au soir du 31 décembre nous constaterons qu'un bond prodigieux et très inquiétant a été fait en 2010. Par trois fois, notre trésorière, Odile Boch, s'est vue dans l'obligation, parce que notre budget 2010 était épuisé, de transférer sur notre compte-courant des sommes que nous avions épargnées les années précédentes, ce qui a eu pour effet de vider notre compte-épargne. L'association est dirigée, depuis sa création, de la façon la plus rigoureuse possible : aucun frais de gestion, exceptée la prime d'assurances, aucun salarié, aucun remboursement des frais engagés par les uns ou par les autres, toutes les tâches sont effectuées bénévolement ; la quasi totalité de l'argent collecté est utilisé pour acquitter les soins vétérinaires. Nous ne recevons ni indemnités ni subventions ; depuis 2008, la Fondation 30 Millions d'Amis acquitte une partie de nos frais vétérinaires (3360 € en 2010), mais c'est la seule aide extérieure dont nous ayons bénéficié pour 2010. A cette exception près, nous vivons exclusivement des cotisations et des dons.

En 2010, le montant de nos dépenses correspond à plus du double du montant de nos recettes. Sans notre livret A (presque à sec désormais), nous n'aurions pas pu continuer à payer et il aurait fallu refuser notre aide à bon nombre de protecteurs. Aussi vous ne serez pas étonnés que nous nous trouvions dans l'obligation, aujourd'hui, d'augmenter le montant de la cotisation. Si encore une fois cette année, nous avons pu répondre favorablement à toutes les demandes sérieuses, nous vivons dans la crainte perpétuelle d'être un jour contraints, faute de moyens financiers, de ne pouvoir répondre à un appel au secours justifié. Nous savons, vous savez que nous sommes le dernier -ou plutôt le seul !- recours des protecteurs de chats errants, et que sans nous, sans vous, des milliers de chats plus malheureux encore que ceux que leurs maîtres abandonnent au refuge auraient fini misérablement leur vie sous la piqûre de poison du vétérinaire de la fourrière ou, pire encore, auraient agonisé dans un taillis, une cave... ou un piège.

Les communes qui ont à ce jour signé la convention que propose le R.A.P.A.P.P.E.L. sont au nombre de 11. Cette convention utilise la possibilité offerte par la loi du 6 janvier 1999 de remplacer la mise en fourrière des chats errants (capture forcément suivie d'euthanasie, les chats sans maître n'étant évidemment jamais réclamés) par la stérilisation, l'identification et le relâcher sur le lieu de vie, dans le cadre d'une collaboration entre une municipalité et une association de protection animale.

Vous constaterez, en prenant connaissance de la longue liste des communes dans lesquelles nous avons pris en charge des chats, que nous n'avons pas la mesquinerie de refuser d'intervenir sur le territoire des municipalités avec lesquelles nous n'avons pas de convention !

Chaque année, de nouveaux vétérinaires nous rejoignent et nous proposent leur collaboration, que nous acceptons avec reconnaissance. Par les dires de leur clientèle, ils connaissent les soucis que pose la multiplication des chats errants, et savent que nous représentons la solution actuelle à ce problème.

Pour que notre association prenne une importance de plus en plus grande, pour que nous puissions continuer à promouvoir la seule méthode «humaine» de limitation de la prolifération des chats errants, pour que soient sauvées de nombreuses vies animales, pour que nous parvenions un jour à ce que la Côte d'Or stérilise tous ses chats au lieu de les massacrer, nous avons plus que jamais besoin de votre aide.

Je sais que je peux compter sur votre soutien et votre fidélité et, comme chaque année, je vous en remercie, du fond du coeur, au nom de tous les chats sans maître qui pourront être secourus grâce à vos dons.

Je vous prie de croire, cher adhérent, à l'expression de mes meilleurs sentiments.

Le Président

Nicole Bacqué

Appel des cotisations 2010

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Cher adhérent,

L'année 2009 a été plus mouvementée encore que la précédente, et nous nous y attendions : il est évident qu'au 31 décembre, et bien que nous n'ayons pas encore eu le temps de terminer nos statistiques, le nombre de chats stérilisés et tatoués l'an dernier (345) était largement dépassé. On peut dire qu'à très peu de choses près, depuis deux ou trois ans, notre association sauve un chat par jour.

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Francine, Janvier 2010

« Heureusement que vous existez !  ». Voilà une phrase que nous entendons souvent, prononcée soit par des vétérinaires qui ne savent pas quelle solution proposer à certaines personnes venues évoquer en leur cabinet le problème de chats errants auquel elles se trouvent confrontées, soit par des « protecteurs » ayant frappé en vain à toutes les portes, et presque étonnés qu'enfin une association accepte de les aider.

Tous les cas sont différents, mais finalement c'est toujours la même histoire: un irresponsable a voulu un chat mais ne l'assume pas ; le minou ne sera pas castré, la minette ne sera pas stérilisée, soit par lâcheté (« je ne suis pas responsable de la descendance de mon chat »), soit par ignorance (« les petits se débrouilleront, un chat trouve toujours à se nourrir »), soit par avarice et manque de considération envers l'animal (« pas question d'aller chez le vétérinaire, surtout pour un chat, ça coûte trop cher »). Autant d'arguments fallacieux, de raisonnements ineptes qui provoquent notre indignation sans pour autant faire changer d'avis ceux que nul ne peut convaincre, tout simplement parce qu'ils sont de mauvaise foi et peu enclins à se soucier de la misère animale.

A l'opposé, on trouve tous ceux qui sont capables de compassion, qui ne laisseront pas un chat sans maître mourir de faim devant leur porte, mais qui s'inquiètent en pensant à la portée qui va naître si on n'agit pas bien vite. Eviter la prolifération, c'est la seule solution acceptable. De surcroît, l'identification du chat, à laquelle nous faisons procéder au moyen du tatouage, lui donne une existence légale et lui permet, s'il est capturé par les services municipaux d'hygiène, d'échapper à la mort en fourrière.

Les actions que nous entreprenons, à la demande de vétérinaires et de personnes qui se trouvent, souvent malgré elles, confrontées à ce souci, ne sont pas également réparties dans tout le département. Les demandes d'aide proviennent plus souvent de la campagne et des petits villages que des villes.

La Fondation 30 Millions d'Amis, qui a repéré notre association en 2008 et nous aide depuis cette date, a acquitté, pour 2009, une partie de nos frais vétérinaires, pour un total de 3402 €. Mais c'est la seule aide financière que nous recevions, avec une subvention de 50 € émanant d'une petite commune. Dans ces conditions, vous comprenez aisément que «Charlotte et les autres...» vit de la motivation et du soutien financier que lui apportent ses adhérents et sympathisants.

L'entente tacite entre les différents partenaires qui contribuent au succès de notre entreprise commune a perduré en 2009 et je suis certaine que, malgré la crise, elle se poursuivra en 2010 et les années suivantes : les donateurs alimentent notre compte bancaire, qui sert presque exclusivement à acquitter les honoraires vétérinaires. (Les frais vétérinaires représentent entre 96 % et 99 % de nos dépenses selon les années), les protecteurs capturent, nourrissent, surveillent..., les vétérinaires qui collaborent avec nous -ils sont une soixantaine- nous consentent, avec beaucoup de gentillesse et de compréhension, les tarifs très bas qui sont compatibles avec l'état de nos finances.

A nous revient l'organisation, la liaison entre les différents partenaires, la gestion administrative, très lourde. Il me faut remercier particulièrement Odile Boch, Trésorière de l'association, qui passe plusieurs heures par jour dans les comptes, les chèques et les cartes de tatouage ; Jean Coron, qui s'occupe du site internet de l'association, que nous a offert Arnaud Métral, site très fréquenté ; et puis Agnès, employée de la S.P.A. des Cailloux, qui se charge bénévolement des explications aux protecteurs, du prêt des cages de capture, de la rédaction des bons. Le fonctionnement de notre association repose exclusivement sur le bénévolat. Ainsi que peuvent le constater ceux qui assistent à l'assemblée générale et approuvent les comptes, notre bilan ne comporte pas de frais de gestion, si l'on excepte la prime d'assurances obligatoire. La quasi-totalité de l'argent collecté est affectée à notre mission de secours sanitaire aux chats errants.

Les appels au secours proviennent d'un peu partout dans le département, et dépassent même les limites de la Côte d'Or depuis quelques années. La plupart du temps, nous sommes sollicités pour des groupes de chats qui se sont rassemblés autour des établissements près desquels ils ont la possibilité de trouver de quoi subsister quelque temps : les hôpitaux, les maisons de retraite, les aires d'autoroutes comportant un restaurant, les écoles et collèges dotés d'une cantine... Et beaucoup de nos protecteurs, parmi les plus sensibles, voient régulièrement s'accroître le nombre de leurs protégés : un chat famélique, ayant erré longtemps à la recherche de nourriture, découvre un jour la soupe populaire tenue par un nourrisseur, qui accueille sans hésiter le nouveau venu. Peut-on faire autrement ?

A plusieurs reprises cette année, on nous a signalé des cas de maltraitance, mauvais traitements, sévices ou cruauté envers des chats. Il semble que certains chasseurs, courroucés on ne sait trop pour quelle raison, se défoulent en tirant sur les chats qu'ils rencontrent, les tuant parfois, les blessant gravement plus souvent, ce qui est pire encore lorsqu'il s'agit d'un chat sans maître qui va se cacher pour souffrir et quelquefois agoniser pendant des jours. Les plaintes déposées sont trop souvent classées sans suite, les enquêteurs ne parvenant pas à identifier les coupables, et les témoins, lorsqu'il en existe, refusant la plupart du temps de témoigner officiellement, par crainte d'éventuelles représailles. Chacun d'entre nous doit avoir le courage, s'il a assisté à des actes condamnables, d'aller en témoigner à la gendarmerie, faute de quoi les coupables resteront impunis : notre association ne peut pas se substituer à celui qui a vu la scène, elle ne peut qu'appuyer sa démarche.

Vous constaterez, en lisant nos informations complémentaires, que seules 10 communes ont à ce jour signé la convention que propose le R.A.P.A.P.P.E.L. Cette convention utilise la possibilité offerte par la loi du 6 janvier 1999 de remplacer la mise en fourrière des chats errants (capture forcément suivie d'euthanasie, les chats sans maître n'étant évidemment jamais réclamés) par la stérilisation, l'identification et le relâcher sur le lieu de vie, dans le cadre d'une collaboration entre une municipalité et une association de protection animale.

«Comment peut-on encore, de nos jours, privilégier la méthode qui met à mort, alors qu'une autre méthode existe ? » direz-vous. C'est que les conseils municipaux sont le reflet de leurs administrés, et ils sont encore majoritaires, ceux qui pensent que s'il y a trop de chats quelque part, il n'y a qu'à les faire enlever, et peu importe ce qu'ils deviennent... Mais il faut, à mon avis, voir les choses autrement : grâce à l'action menée par notre association depuis 1999, il y a DEJA 10 communes qui ont signé la convention R.A.P.A.P.P.E.L., et aucune de ces communes ne l'a résiliée, alors que la possibilité de le faire est offerte chaque année. Petit à petit, la cause que nous défendons avance et les mentalités évoluent. Je ne doute pas que nous parviendrons un jour à ce que la Côte d'Or stérilise tous ses chats au lieu de les massacrer. Cette phrase de Margaret Mead, anthropologue, s'applique aussi à notre combat : « Ne doutez jamais du fait qu'un petit groupe de citoyens éclairés et déterminés puissent changer le monde. En fait, on n'a jamais pu le changer autrement.»

Comme chaque année, je compte sur votre soutien et votre fidélité, et vous en remercie du fond du coeur, au nom de tous les chats sans maître, sauvages ou moins sauvages, qui pourront être secourus ou sauvés grâce à vos dons.

Je vous prie de croire, cher adhérent, à l'expression de mes meilleurs sentiments.

Appel des cotisations 2009

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Emmanuel, après plusieurs mois d'excellents soins.

Cher adhérent,

Pour commencer cette lettre, je me contenterai d'évoquer pour vous quelques petites histoires de sauvetages effectués au cours de l'année 2008, certaine que ces anecdotes vous permettront, bien mieux qu'un long discours théorique, de mesurer l'importance de l'aide que vous voulez bien accorder à notre association.

A Chenôve, une chatte abandonnée, qui n'a pas réussi à trouver un recoin pour s'abriter du mauvais temps et des regards, met au monde deux petits, au pied d'un arbre, sous une pluie battante et glaciale. Les petits n'y survivront pas, mais nous parviendrons, de justesse, à sauver la mère.

Près de Montbard, un matou efflanqué et épuisé, n'ayant plus que la peau sur les os, souffrant d'une conjonctivite si forte qu'il ne voit presque plus rien, est venu se coucher sous le perron d'une maison. A celle qui le découvre, il donne l'impression d'avoir renoncé et d'attendre la mort, comme une délivrance. Il est si faible que la dame peut le prendre, bien qu'il ne soit pas du tout apprivoisé. Mais cela, on le saura quelques jours plus tard, après que des soins lui auront été prodigués.

Dans les environs de Châtillon, une de nos adhérentes se porte au secours des «petits sauvages» et des «abandonnés dans la rue». Chaque jour, elle va nourrir ses protégés, sans se soucier ni du temps qu'il fait ni des kilomètres à parcourir. Nous lui fournissons les bons de stérilisation et de tatouage qu'elle nous demande. Je crois bien qu'elle a fait opérer, déjà, plus de 45 chats...

A Montceau-Echarnant, deux protecteurs courageux nourrissent et surveillent 26 chats des rues... ou des champs, comme on voudra ; 10 sont déjà opérés et soignés, les autres attendent leur tour, mais tous seront secourus.

A Losne, une bonne âme accueille un chat errant venu à sa porte. Peu de temps après, le chat amène ses amis : 6 adultes et 5 chatons. Notre bonne âme, dans un premier temps, s'adresse à nous pour nous demander de «placer» le petit groupe qu'elle nourrit provisoirement. Quelques explications plus tard, lorsqu'elle a compris qu'aucune association n'est en mesure de placer le dixième des chats qu'on lui signale, elle accepte de ravitailler définitivement tout ce petit monde. Nous prenons bien sûr en charge stérilisations et tatouages.

A Fontaine-les-Dijon, les chats mal en point semblent savoir d'instinct où se trouve la maison près de laquelle il faut se rendre pour être «remis sur pattes». Dernier arrivé, Basile, qui s'est présenté avec un oeil tout rouge, à demi fermé et larmoyant, la truffe qui coulait, et toussant sans arrêt. Une fois guérie, après une bonne cure d'antibiotiques, la nouvelle recrue s'est vue attribuer un bon, fourni par l'association, afin que ceux qui acceptaient un vagabond de plus à leur soupe populaire aillent le faire castrer et tatouer.

Des retraités de Blancey qui, depuis 13 ans, sacrifient leurs vacances et une bonne partie de leur budget aux chats errants, sauvages ou domestiques, qui traînent misère près de chez eux, font appel à nous pour stériliser les derniers venus. Il en vient sans arrêt car, à travers les prés, leur maison est proche de l'aire d'autoroute de Gissey... Les mauvais maîtres adorent lâcher leurs chats sur les aires d'autoroute, espérant peut-être qu'ils se feront vite écraser.

A Marsannay, une famille possède 3 chats, qui sortent souvent faire un petit tour. Attirés probablement par les odeurs de nourriture, peut-être encouragés par les 3 chats choyés, deux matous faméliques se mêlent à leurs nouveaux copains pour se faufiler dans la maison et dans la vie de la famille, à qui nous accordons bien vite les soins vétérinaires nécessaires aux nouveaux-venus. Dans ce cas-là encore, la première déception passée, (Non ! Nous ne pouvons pas trouver d'adoptant pour ces deux matous ; non ! nous n'avons pas de place au refuge !) c'est de bon coeur que la famille accepte de participer au sauvetage en accueillant définitivement les deux chats qui s'incrustent.

C'est aussi à vous, adhérents, que ces chats, comme beaucoup d'autres, doivent la vie, car les seules ressources de notre association sont les dons de ses membres. En 2007, nous avons pu faire opérer, tatouer et soigner 345 chats, dans 116 communes du département. Les comptes pour 2008 ne sont pas terminés au moment où j'écris, mais d'ores et déjà il ne fait pas de doute que ce nombre sera encore plus important qu'en 2007. Dans les informations complémentaires, vous trouverez la liste des 128 communes dans lesquelles notre association est intervenue entre le 1er janvier et le 30 novembre 2008. Odile Boch, qui tient les comptes avec la plus grande rigueur, me dit que nous avons déjà dépensé, au 15 novembre 2008 (donc pour 10 mois et demi de 2008), plus de 13000 €, rien qu'en frais vétérinaires. Et vous savez que nos 51 vétérinaires nous consentent de vrais prix d'amis.

Bonne nouvelle : La Fondation 30 Millions d'Amis a repéré notre association en 2008, et elle a acquitté une partie de nos frais vétérinaires (pour un total de 2520 €). Nous allons demander le renouvellement de cette aide pour 2009.

Grâce à une coopération efficace entre notre association et la Société pour la Défense des Animaux, il a été possible d'accorder une place, temporaire ou définitive, au refuge, aux chats qu'on ne pouvait remettre sur leur lieu de vie, à cause d'un handicap ou d'une maladie à soigner.

Un peu partout, de nombreux protecteurs procurent à leurs protégés, en plus de la pitance quotidienne, un abri de fortune : à Grandmont, c'est une chaufferie qu'on aménage et qui sert de refuge à une quinzaine de chats ; à Saint-Martin du Mont, des bottes de paille oubliées dans un grenier servent de havre à dix de leurs congénères ; six autres logent, à Leuglay, dans une grange à l'abandon. A Beaumont-sur-Vingeanne, les hommes de la maison se sont lancés dans la construction de niches en bois...

Quelquefois, le chat a trouvé tout seul un coin abrité et tranquille : il «squatte» une remise, une cabane de jardin, une cave, un appentis, un auvent sous lequel on a entreposé des cagettes... et c'est là que le futur protecteur, (qui ne sait pas encore qu'il va bientôt être des nôtres) découvre, par hasard, la détresse du petit animal, souvent sauvage ou redevenu sauvage. Récemment trouvés dans un tas de bois, lovés dans un interstice entre des bûches, une chatte et ses cinq chatons, déshydratés et crevant de faim, blottis les uns contre les autres, la mère tentant de réchauffer les petits... Ils ont pu être secourus et l'histoire finit bien.

Bien souvent, considérant le cas qui se présente, on se dit qu'il suffit de très peu pour que soient sauvés ces pauvres hères. Et c'est vrai : un peu d'argent, un peu de bonté, quelques efforts, et c'est la vie qui gagne, c'est le malheur qui perd la partie... grâce à la coopération de tous ceux qui oeuvrent pour «Charlotte et les autres...», grâce à l'entente tacite entre les différents partenaires : les donateurs, les protecteurs, les vétérinaires.

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On lit encore la peur dans les yeux de cette chatte, plusieurs semaines après le sauvetage.

Notre fonctionnement est maintenant bien rôdé. Nous nous chargeons de la gestion administrative et financière, des conventions que notre groupement, le R.A.P.A.P.P.E.L., passe avec les mairies pour que les chats soient officiellement préservés et ne fassent pas l'objet d'une mise en fourrière, des rapports avec les 51 vétérinaires ayant signé notre protocole d'accord, avec la Direction des Services Vétérinaires qui nous demande régulièrement un bilan, de la tenue des registres légaux, des assurances etc... Et, bien sûr, nous traitons chaque demande sérieuse : explications, conseils, prêt d'une cage de capture éventuellement, établissement des bons, choix du vétérinaire le plus proche etc... Et comme tout cela représente déjà une charge très lourde à laquelle nous suffisons à peine, c'est le demandeur qui devient protecteur et bénévole sur place : c'est lui, la plupart du temps, que nous chargeons de capturer le chat(sauf dans les cas difficiles), de l'emmener chez le vétérinaire que nous avons désigné ou qu'il a choisi, s'il a déjà un vétérinaire pour ses animaux, et surtout de nourrir quotidiennement et de surveiller le chat. Récemment, nous avons été amenés à faire diverses statistiques et à collationner des éléments chiffrés (travail auquel je ne me consacre pas volontiers), pour présenter notre association à une administration, et nous nous sommes aperçus que nous avions environ 2500 bénévoles, répartis dans tout le département, certains s'acquittant de leur mission depuis 1993, date de création de l'association. Ces bénévoles ne sont pas adhérents, pour la plupart, car ils gèrent, souvent à la campagne, des groupes importants de chats (30 ou davantage), dépensent pas mal d'argent en nourriture pour leurs protégés et ne disposent pas d'un budget extensible.

J'espère que ce petit résumé, assez mal ficelé, et dont je ne suis pas très contente, le temps me manquant toujours pour parfaire mes diverses tâches, rend tout de même partiellement compte d'une année d'activité intense.

Chaque année, nous progressons, inéluctablement, par nécessité, presque malgré nous.

En 1993, lorsque nous avons fondé l'association, nous étions trois. Au cours de l'année, nous avions pu, non sans mal, sauver une douzaine de chats, et nous n'en étions pas peu fières ! Depuis 15 ans, chaque année, de nouveaux membres, tous motivés, tous généreux, nous ont rejoints. Tous ensemble, nous avons fait la réussite de cette association qui fonctionne si fort, et dont l'utilité est une évidence. Sans jamais faire la moindre publicité, sans avoir le téléphone, sans employé, avec pour seule adresse officielle une boîte aux lettres, nous avons pris, dans la protection animale en Côte d'Or, une importance qui nous étonne. Mais il faut reconnaître que nous disposons de trois atouts de taille : la détermination sans faille de tous ceux qui participent à notre oeuvre, la formidable générosité de Michèle Pennequin, notre Présidente d'Honneur, et un site internet (offert, installé et hébergé par Arnaud Métral) très fréquenté.

Comme chaque année, je compte sur votre soutien et votre fidélité, et vous en remercie du fond du coeur, au nom de tous les chats sans maître, sauvages ou moins sauvages, qui pourront être secourus ou sauvés grâce à vos dons.

Je vous prie de croire, cher adhérent, à l'expression de mes meilleurs sentiments.

Appel des cotisations 2008

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Cher adhérent,

Au fil des années, ma lettre annuelle d'appel des cotisations s'est transformée, peu à peu, en compte-rendu sommaire d'activité, et cela me semble nécessaire : en ces temps où nous sommes sollicités de toutes parts, pour toutes sortes de causes, où il ne se passe pas de trimestre sans que soit dénoncé un scandale ou un détournement de fonds perpétré par une association, où nos boîtes aux lettres regorgent d'appels aux dons rédigés sur des supports luxueux et accompagnés de porte-clefs, vignettes, gadgets dispendieux, enveloppes pré-timbrées etc... qui témoignent en réalité du gaspillage éhonté qui est fait de dons versés pour une bonne cause, il me semble utile et juste de vous rendre compte de ce que nous avons fait avec l'argent de vos cotisations, car beaucoup d'entre vous n'assistent pas à l'assemblée générale.

Sachez donc que, pour 2006, 72% de notre budget ont été consacrés à des soins vétérinaires, et 23% à l'achat de nourriture. (La plupart des «protecteurs» achètent eux-mêmes les croquettes et les boîtes de pâtée). De quoi se composent donc les 5% restants ? primes d'assurances, cotisation à la Confédération des S.P.A. de France, cotisation au R.A.P.A.P.P.E.L., location de l'emplacement pour notre site internet, frais bancaires de tenue de compte... . C'est tout, et le bilan représente, ma foi, une jolie prouesse : 5% seulement du budget consacrés aux frais de fonctionnement, 95% allant directement aux animaux. Je ne crois pas qu'on puisse mieux faire, et nous sommes très fiers de ce résultat. Les comptes 2007 ne sont pas encore clôturés, évidemment, mais on peut d'ores et déjà dire que les différents postes de dépenses se répartiront de la même façon, ainsi que pourront le constater ceux d'entre vous qui viendront à la prochaine assemblée générale.

Par ailleurs, 100% des recettes proviennent des cotisations et dons. L'association ne reçoit aucune subvention. C'est assez dire, je crois, l'importance capitale que revêt votre soutien.

Notre activité, déjà très intense en 2006, s'est encore accrue en 2007, et nous sommes perpétuellement débordés. Cette année 2007 est une véritable réussite, tant en ce qui concerne les «sauvetages» de chats sans maître qu'en ce qui concerne la propagation de nos idées, et particulièrement celle qui préconise le remplacement de la mise en fourrière suivie d'euthanasie par la stérilisation et le relâcher sur le lieu de vie.

Il me faut donc remercier ici les différents acteurs de cette réussite :

A ceux d'entre vous qui jugeraient cette démarche un peu trop administrative, je précise qu'elle est d'une importance capitale, car la signature d'une convention avec nous signifie, en fait, que la municipalité en question renonce, sur son territoire, à la mise en fourrière suivie d'euthanasie, et que tous les chats vivant sur le dommaine de la commune auront la vie sauve. Ceux qui, pour une raison quelconque, (handicap, grand âge, besoin de soins etc... ) ne peuvent pas être remis sur le site, sont accueillis, provisoirement ou définitivement, dans le petit refuge de l'association ou dans celui de la Société pour la Défense des animaux.

Par ailleurs, lorsqu'une convention a pu être signée, c'est souvent un employé communal qui est chargé des captures et de la conduite des chats chez le vétérinaire, ce qui nous épargne un souci et nous soulage un peu.

Evidemment, nous intervenons partout dans le département, même si nous n'avons pas de convention avec la commune concernée. Voici la liste des communes dans lesquelles, entre le 1er janvier et le 30 novembre 2007, nous avons organisé et financé le sauvetage d'importants groupes de chats : Dijon, Colombier, Mirebeau, Arcenant, Izier, Leuglay, Saint Germain de Modéon, Bouilland, Faverolles-les-Lucey, Perrigny-sur-l'Ognon, Neuilly-les-Dijon, Montliot et Courcelles, Magny-sur-Tille, Buxerolles, Corrombles, Gevrey-Chambertin, Marsannay-la-Côte, Hauteville-les-Dijon, Velars-sur-Ouche, Pluvet, Plombières-les-Dijon, Mairey, Mont Saint Jean, Chassignelles, Mercey, Saint Prix-les-Arnay, Vougeot, Saint Philibert, Bissey-la-Côte, Fontaine-les-Dijon, Quétigny, Morey-Saint-Denis, Talant, Trouhans, Ruffey-les-Echirey, Gigny-les-Beaune, Aisey-sur-Seine, Autricourt, Labussière-sur-Ouche, Pouilly-en-Auxois, Minot, Saint-Apollinaire, Bèze, Viévigne, Izeure, Corcelles-les-Monts, Chamesson, Pluvault, Saint Martin du Mont, Saint Maurice sur Vingeanne.

Notre vie quotidienne est souvent émaillée de surprises ; certaines sont heureuses : ce sont les adoptions, trop rares mais toujours touchantes ; en 2007, Saturnin, Bengali, Camille, Huguette, Florence et Joseph ont connu ce grand bonheur. D'autres sont contrariantes au plus haut point : saccage d'une cage de capture, après relâcher du chat qui s'y trouvait, la première fois par une militante anti-stérilisation invoquant... le bouddhisme, la deuxième fois par une irresponsable aux motivations fumeuses...

Nous avons, en 2007, (sans tenir compte de décembre, mois pour lequel nous ne pouvons pas encore établir le bilan) fait stériliser et tatouer 312 chats. Cela représente un énorme travail, que nous avons pu mener à bien grâce à vous. Mais le sujet d'inquiétude qui s'est fait jour l'an dernier perdure, et devient même plus angoissant encore : en effet, les demandes d'aide ne cessent d'augmenter et plus que jamais, nous sommes le dernier recours de «protecteurs» désespérés qui se sont vus opposer partout des refus avant de s'adresser à nous.

Qu'adviendrait-il de tous ces pauvres chats sans toit ni maître, plus malchanceux encore que les autres, si un jour nous devions renoncer à secourir certains d'entre eux ? Cette crainte devient un souci obsédant, et nous espérons que le nombre des appels au secours finira un jour par se stabiliser. Pour cela, il faut que chacun d'entre nous continue à s'insurger contre l'irresponsabilité de ceux qui laissent leur chat se reproduire, sans se soucier de l'avenir des portées ou en «distribuant» les chatons alentour.

Comme chaque année, je compte sur votre soutien et sur votre fidélité, et vous en remercie bien vivement à l'avance, au nom de tous ces chats dont la survie ne dépend que de nous.

Je vous prie de croire, cher adhérent, à l'expression de mes meilleurs sentiments.

Le Président

Nicole Bacqué

Appel des cotisations 2007

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Cher adhérent,

Un groupe de chats vivait presque paisiblement à Bouilland. Nourris par un couple de personnes âgées qui les avait pris en pitié, ils avaient été opérés et tatoués l'an dernier, grâce à des bons fournis par notre association. Mais comme elles sont rares, très rares, les maisons qui accordent aux chats qui errent, le ventre creux, l'assiette de nourriture salvatrice, le groupe s'est étoffé au gré des arrivées de nouveaux chats, venus probablement de loin et ayant beaucoup galéré avant de trouver de quoi ne pas mourir de faim. Nous venons donc d'établir d'autres bons pour ces "nouveaux". Parmi eux, quatre jeunes chats, conduits là, il y a de cela quelques mois, par leur mère mourante qui, après s'être épuisée à assurer leur survie et avoir retenu sa vie jusqu'à l'extrême limite de ses forces, avait enfin trouvé, trop tard pour elle-même, ce havre où ses petits pourraient être sauvés.

D'autres chats, au nombre de trente, vivent à Broin. La prolifération a été enrayée : ils sont tous stérilisés. Depuis plusieurs années, une dame se bat pour eux, sans trouver la moindre aide sur place. C'est elle seule qui les nourrit, et qui nous a adressé récemment un appel au secours car des difficultés financières momentanées ne lui permettaient plus d'acheter de la nourriture et elle devait se résigner à leur donner, pour toute pitance, des pommes de terre réduites en purée. Vite, on remplit sa voiture de plateaux de boîtes et de sacs de croquettes, en souhaitant que la situation s'améliore rapidement pour la dame ainsi que pour les trente chats qui n'ont qu'elle au monde...

De temps en temps, ça et là, quelqu'un nous demande de l'aide pour un chat très maigre et qui semble malade. Repéré et attrapé parce qu'à bout de forces, porté chez le vétérinaire, il est arrivé plusieurs fois cette année qu'on ne puisse rien faire d'autre pour la pauvre bête que la piqûre destinée à la délivrer de la souffrance. Le chat agonisait ; il mourait de faim, au sens propre de l'expression (trois fois cette année) ou d'un cancer lui rongeant complètement la face (une fois). Jusqu'à ce qu'il ressemble à un squelette ou à un être sorti tout droit d'un film d'horreur, personne n'avait songé à lui porter secours...

Une famille quitte Normier, en y laissant sa chatte, probablement supposée pouvoir se débrouiller seule. La petite bête se réfugie dans une grange, lacère les sacs poubelle pour survivre, brave sa peur pour aller voler quelques reliefs dans l'écuelle d'un chien, et c'est ainsi que deux dames découvrent sa détresse... et la portée de chats qu'elle a mis au monde. Aujourd'hui, les chats, opérés, n'ont toujours que la grange pour abri, mais ils ne se reproduisent plus et les deux dames se relaient pour leur assurer une nourriture décente.

Si je vous ai conté ces quelques scènes de la vie quotidienne de notre association, c'est pour que vous puissiez prendre la mesure de la détresse, de la misère des chats errants, mais aussi de l'importance que revêt votre soutien à « Charlotte et les autres... ». Car les associations de protection animale dont le but est de porter secours aux chats qui ne peuvent avoir une place en refuge (ils sont de loin les plus nombreux et les plus malheureux) sont rares, peu connues, et leurs moyens très limités.

Toutefois, grâce à vos dons et à l'insigne générosité de notre présidente d'honneur, nous avons, en 2006, (sans tenir compte de décembre, mois pour lequel nous ne pouvons pas encore établir le bilan), fait stériliser et tatouer 177 chats, auprès des 42 vétérinaires de Côte d'Or ayant signé notre protocole d'accord et accepté nos conditions tarifaires. Cela réprésente de fortes sommes d'argent, bien sûr, mais aussi un travail considérable. Il faut contrôler les demandes qui nous parviennent, souvent même en nous rendant sur place, car certaines personnes peu scrupuleuses n'hésitent pas à nous demander un bon pour leur propre chat en essayant de le faire passer pour un chat sans maître, organiser l'opération, mettre en contact le « protecteur » et le vétérinaire concerné, prêter la cage-piège et expliquer son fonctionnement, s'assurer que le « protecteur » s'engage à nourrir quotidiennement le chat jusqu'à sa mort, effectuer des missions de surveillance, procéder aux très rares adoptions possibles, gérer les cartes de tatouage et les registres légaux, établir les comptes-rendus annuels etc...

Il convient aussi de continuer à prendre contact avec les mairies pour tenter d'obtenir la signature d'une convention entre la municipalité et le R.A.P.A.P.P.E.L. (Rassemblement des associations de protection animale ne pratiquant pas l'euthanasie libératoire, groupement d'associations dont « Charlotte et les autres... » est le leader). Des conventions ont été signées avec les villes de Dijon, Crugey, Fauverney, Izeure, Perrigny-sur-l'Ognon et des négociations sont en cours avec plusieurs autres municipalités. Pour ceux d'entre vous qui ne le savent pas encore, je précise que les conventions proposées par le R.A.P.A.P.P.E.L. remplacent le recours à la fourrière (donc à l'euthanasie) par la capture, la stérilisation, le tatouage et le relâcher sur le site de vie. Ce qui implique évidemment d'organiser aussi le ravitaillement quotidien des chats, ce qui n'est pas le plus facile, loin de là.

A ce propos, je vous remercie de bien vouloir nous aider à combattre une idée particulièrement pernicieuse que certains s'obstinent à colporter, idée selon laquelle les chats seraient capables de se nourrir seuls, en chassant les souris ! Il vous appartient à tous de clamer la vérité : à vous, qui nourrissez chaque jour un petit groupe affamé, jamais vraiment rassasié, qui attend avec impatience l'heure de la « gamelle » ; à vous, qui savez qu'un chat, faute de mieux, mange de la purée car il ne trouve rien, même à la campagne, à se mettre sous la dent ; à vous qui savez que chaque jour des chats meurent de faim ou d'accidents provoqués par la faim. Ne laissons pas se répandre cette légende qui permet à certains de fuir leurs responsabilités en se donnant bonne conscience.

D'ailleurs, d'où nous viennent donc les demandes les plus stressantes pour nous, parce qu'elles concernent un grand nombre de chats ? Des maisons de retraite, (celle de Neuilly-les-Dijon cette année), des hôpitaux, aux abords desquels les restes des repas sont distribués aux chats par les résidents, les patients ou les cuisiniers, et plus rarement de fermes où quelqu'un fait l'aumône d'un peu de lait à une bande de chats faméliques.

Arnaud Métral, Directeur de la société Evonux, spécialisée en logiciels libres (open source) sous LINUX, a fait à notre association un cadeau magnifique : un site internet. Arnaud et son équipe se sont chargés bénévolement de tout. A nous maintenant de rédiger les textes à publier sur le site www.charlotte-et-les-autres.com . Nous n'en sommes qu'aux balbutiements, faute de temps. Mais on peut d'ores et déjà imaginer l'importance du «coup de pouce» donné à «Charlotte et les autres...» par la réalisation de ce site.

Pour conclure, j'insiste sur les raisons que nous avons de nous réjouir et d'être fiers de notre oeuvre commune ainsi que de la qualité du travail que nous accomplissons ensemble. Cette année encore, nous avons pu répondre à tous les appels au secours sérieux qui nous sont parvenus, nous avons mené à bien certaines « campagnes » de stérilisation longues et compliquées et sauvé la vie de très nombreux chats malheureux. Une inquiétude cependant : au fil des mois, les demandes d'aide augmentent, et nous sommes presque toujours le dernier recours pour des « protecteurs » désespérés qui ont frappé en vain à toutes les portes avant de s'adresser à nous. Or, notre association ne reçoit pas de subventions ; c'est de nous, et de nous seuls, que dépendent les chats errants. C'est avec l'argent de nos cotisations que sont réglées les stérilisations et effectués les sauvetages. Leur nombre ne dépend pas du hasard, mais de notre générosité.

Peut-être n'est-il pas inutile que je vous rappelle que, dans le budget de notre association, les frais de fonctionnement n'existent pas. Si l'on excepte la prime d'assurance, obligatoire d'ailleurs, l'intégralité des sommes versées à l'association (cotisations et dons) est affectée aux soins vétérinaires ou à l'achat de nourriture.

Comme chaque année, je compte sur votre indéfectible motivation et sur votre fidélité, et vous en remercie bien vivement à l'avance.

Je vous prie de croire, Cher adhérent, à l'expression de mes meilleurs sentiments.

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