Adhésion / Cotisation 2011

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Appel des cotisations 2011

Cher adhérent,

Il était une fois… une pépinière et des « chats Tillonnais ».

En Côte d’Or, à Châtillon-sur-Seine, il y avait une pépinière réputée, appartenant à un couple qui travaillait beaucoup : les plantes, c’est presque comme les animaux, il faut s’en occuper tous les jours, pourvoir aux besoins particuliers de chacune d’entre elles et en prendre grand soin si l’on veut qu’elles se développent harmonieusement. Notre couple était donc fort occupé, et n’avait pas une minute à perdre.

Un beau matin, alors qu’elle taillait ses poiriers, la pépiniériste surprend un matou hirsute, efflanqué, hagard, qui, probablement un peu sourd ou alors trop faible, ne l’avait pas entendue arriver. Sans plus faire le moindre bruit, économisant ses gestes afin de ne pas provoquer la fuite du chat, notre pépiniériste se retire puis revient discrètement avec une soucoupe de nourriture pour le pauvre hère, qui d’abord recule, affolé, se dissimule derrière un pot puis revient, bravant sa peur, incapable de résister à cette aubaine. Mais, à la stupéfaction de la jardinière, ce sont plusieurs chats, tous à peu près dans le même triste état, qui surgissent alors de nulle part et se jettent sur la soucoupe.

En fait, ils étaient vingt-cinq et même un peu plus à s’être réfugiés dans la pépinière, où personne ne les pourchassait, où ils n’avaient plus à craindre les bruits et les pièges de la cité. Comment survivaient-ils ? On sait bien que les chats mal nourris sont de mauvais chasseurs ; on sait aussi que la disette et l’instinct de survie peuvent les pousser à dévorer une croûte de pain…

C’est à ce moment précis de l’histoire que tout se joue : le sort des chats dépend de la qualité de l’être humain qui les découvre. D’un côté les égoïstes, défaitistes, qui sont toujours frappés de fatigue chronique : ils ne voient que les nuisances et les inconvénients, remuent ciel et terre pour que « quelqu’un vienne enlever les chats », poussent les hauts cris lorsqu’on leur explique comment, avec leur participation, on pourrait résoudre au mieux la difficulté. Heureusement, ils ne sont pas très nombreux. De l’autre côté, ceux qui voient d’abord l’état de détresse et de souffrance dans lequel se trouvent les pauvres bêtes, analysent la situation avec bon sens et clairvoyance et acceptent de prendre part au sauvetage lorsqu’on leur explique que le petit refuge de Charlotte affiche complet en permanence et que le refuge des Cailloux, lui aussi surpeuplé du 1er janvier au 31 décembre, ne peut pas accueillir toute la misère du monde.

D’aucuns, à la place de la pépiniériste, auraient crié au scandale, recouru à la fourrière ou même utilisé, au mépris de la loi, un procédé plus expéditif et plus barbare encore pour se débarrasser des chats. Mais notre jardinière avait le coeur bon, et ne manquait ni d’intelligence ni de courage. Elle sollicita notre association, qui s’empressa d’accorder les bons de stérilisation et de tatouage nécessaires, puis entreprit de déposer chez le vétérinaire, à tour de rôle, tous les squatters de sa pépinière, au fur et à mesure qu’elle les découvrait. Dans le même temps, elle aménagea des abris pour ses protégés : un hangar fit l’affaire, et se vit bientôt adjoindre une jolie maison de bois, avec porte, fenêtre et chattière, spécialement construite pour les chats, et dont l’intérieur fut superbement aménagé pour leur procurer tout le confort possible.

Ce conte de fées est une histoire vraie, et vous pouvez voir sur notre site internet des photos des « chats Tillonnais » : dodus, confiants, heureux, ils sont méconnaissables. Quant à leur bonne fée, heureuse elle aussi, elle trouve tout naturel d’avoir pris part -et de loin la plus grande part- au sauvetage des chats.

Si je vous ai conté cette jolie histoire, qui est une de nos fiertés de l’année 2010, c’est pour que chacun de nous se souvienne qu’en matière de protection des chats errants, la réussite découle de la coopération de trois acteurs, chacun des trois étant indispensable : celui qui découvre les chats, veut qu’ils soient sauvés, et décide de devenir leur protecteur ; le vétérinaire qui, en collaborant avec notre association, accepte un sacrifice financier important et un travail parfois difficile et ingrat ; et l’association qui assume l’organisation et finance, grâce à vos dons, les stérilisations. Si l’un des acteurs manque, rien ne va plus. C’est bien l’union qui fait la force.

Pour illustrer 2010 encore, voici le récit d’un sauvetage peu banal : à Dijon, une jeune chatte très maigre, apprivoisée mais manifestement abandonnée depuis plusieurs mois au moins, arrive sur le lieu d’une « soupe populaire » tenue par un protecteur. Elle est emprisonnée -depuis combien de temps ?- dans un de ces rouleaux de plastique adhésif marron qu’on utilise pour fermer les cartons. Il est impossible qu’elle se libère de ce carcan qui lui comprime la poitrine. Difficile de croire que la chatte s’est mise toute seule dans ce mauvais cas. On imagine plutôt que ce supplice est le résultat d’une méchante farce de gamin ou le fait d’un pervers. Il fallut une anesthésie générale et la scie du vétérinaire pour délivrer la chatte, et le praticien constata que, serrée dans son carcan, la chatte avait été gestante et avait mis bas. On se demande comment elle avait survécu. Vous pouvez la voir, elle aussi, avant et après l’opération, sur notre site internet. Nous avons d’ailleurs récemment décidé de relater sur notre site, lorsque nous en aurions le temps, les sauvetages peu ordinaires auxquels nous procédons parfois.

L’année 2010 a été terriblement chargée : au 4 octobre, date de notre dernier pointage, nous en étions à 419 chats stérilisés et tatoués, à quoi il convient d’ajouter des interventions chirurgicales diverses. Chaque année, le nombre augmente, mais il ne fait pas de doute qu’au soir du 31 décembre nous constaterons qu’un bond prodigieux et très inquiétant a été fait en 2010. Par trois fois, notre trésorière, Odile Boch, s’est vue dans l’obligation, parce que notre budget 2010 était épuisé, de transférer sur notre compte-courant des sommes que nous avions épargnées les années précédentes, ce qui a eu pour effet de vider notre compte-épargne. L’association est dirigée, depuis sa création, de la façon la plus rigoureuse possible : aucun frais de gestion, exceptée la prime d’assurances, aucun salarié, aucun remboursement des frais engagés par les uns ou par les autres, toutes les tâches sont effectuées bénévolement ; la quasi totalité de l’argent collecté est utilisé pour acquitter les soins vétérinaires. Nous ne recevons ni indemnités ni subventions ; depuis 2008, la Fondation 30 Millions d’Amis acquitte une partie de nos frais vétérinaires (3360 € en 2010), mais c’est la seule aide extérieure dont nous ayons bénéficié pour 2010. A cette exception près, nous vivons exclusivement des cotisations et des dons.

En 2010, le montant de nos dépenses correspond à plus du double du montant de nos recettes. Sans notre livret A (presque à sec désormais), nous n’aurions pas pu continuer à payer et il aurait fallu refuser notre aide à bon nombre de protecteurs. Aussi vous ne serez pas étonnés que nous nous trouvions dans l’obligation, aujourd’hui, d’augmenter le montant de la cotisation. Si encore une fois cette année, nous avons pu répondre favorablement à toutes les demandes sérieuses, nous vivons dans la crainte perpétuelle d’être un jour contraints, faute de moyens financiers, de ne pouvoir répondre à un appel au secours justifié. Nous savons, vous savez que nous sommes le dernier -ou plutôt le seul !- recours des protecteurs de chats errants, et que sans nous, sans vous, des milliers de chats plus malheureux encore que ceux que leurs maîtres abandonnent au refuge auraient fini misérablement leur vie sous la piqûre de poison du vétérinaire de la fourrière ou, pire encore, auraient agonisé dans un taillis, une cave… ou un piège.

Les communes qui ont à ce jour signé la convention que propose le R.A.P.A.P.P.E.L. sont au nombre de 11. Cette convention utilise la possibilité offerte par la loi du 6 janvier 1999 de remplacer la mise en fourrière des chats errants (capture forcément suivie d’euthanasie, les chats sans maître n’étant évidemment jamais réclamés) par la stérilisation, l’identification et le relâcher sur le lieu de vie, dans le cadre d’une collaboration entre une municipalité et une association de protection animale.

Vous constaterez, en prenant connaissance de la longue liste des communes dans lesquelles nous avons pris en charge des chats, que nous n’avons pas la mesquinerie de refuser d’intervenir sur le territoire des municipalités avec lesquelles nous n’avons pas de convention !

Chaque année, de nouveaux vétérinaires nous rejoignent et nous proposent leur collaboration, que nous acceptons avec reconnaissance. Par les dires de leur clientèle, ils connaissent les soucis que pose la multiplication des chats errants, et savent que nous représentons la solution actuelle à ce problème.

Pour que notre association prenne une importance de plus en plus grande, pour que nous puissions continuer à promouvoir la seule méthode «humaine» de limitation de la prolifération des chats errants, pour que soient sauvées de nombreuses vies animales, pour que nous parvenions un jour à ce que la Côte d’Or stérilise tous ses chats au lieu de les massacrer, nous avons plus que jamais besoin de votre aide.

Je sais que je peux compter sur votre soutien et votre fidélité et, comme chaque année, je vous en remercie, du fond du coeur, au nom de tous les chats sans maître qui pourront être secourus grâce à vos dons.

Je vous prie de croire, cher adhérent, à l’expression de mes meilleurs sentiments.

Le Président

Nicole Bacqué

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