Adhésion / Cotisation 2010

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Appel des cotisations 2010

Cher adhérent,

L’année 2009 a été plus mouvementée encore que la précédente, et nous nous y attendions : il est évident qu’au 31 décembre, et bien que nous n’ayons pas encore eu le temps de terminer nos statistiques, le nombre de chats stérilisés et tatoués l’an dernier (345) était largement dépassé. On peut dire qu’à très peu de choses près, depuis deux ou trois ans, notre association sauve un chat par jour.

Chat - Francine en janvier 2010

Francine, janvier 2010

« Heureusement que vous existez !  ». Voilà une phrase que nous entendons souvent, prononcée soit par des vétérinaires qui ne savent pas quelle solution proposer à certaines personnes venues évoquer en leur cabinet le problème de chats errants auquel elles se trouvent confrontées, soit par des « protecteurs » ayant frappé en vain à toutes les portes, et presque étonnés qu’enfin une association accepte de les aider.

Tous les cas sont différents, mais finalement c’est toujours la même histoire: un irresponsable a voulu un chat mais ne l’assume pas ; le minou ne sera pas castré, la minette ne sera pas stérilisée, soit par lâcheté (« je ne suis pas responsable de la descendance de mon chat »), soit par ignorance (« les petits se débrouilleront, un chat trouve toujours à se nourrir »), soit par avarice et manque de considération envers l’animal (« pas question d’aller chez le vétérinaire, surtout pour un chat, ça coûte trop cher »). Autant d’arguments fallacieux, de raisonnements ineptes qui provoquent notre indignation sans pour autant faire changer d’avis ceux que nul ne peut convaincre, tout simplement parce qu’ils sont de mauvaise foi et peu enclins à se soucier de la misère animale.

A l’opposé, on trouve tous ceux qui sont capables de compassion, qui ne laisseront pas un chat sans maître mourir de faim devant leur porte, mais qui s’inquiètent en pensant à la portée qui va naître si on n’agit pas bien vite. Eviter la prolifération, c’est la seule solution acceptable. De surcroît, l’identification du chat, à laquelle nous faisons procéder au moyen du tatouage, lui donne une existence légale et lui permet, s’il est capturé par les services municipaux d’hygiène, d’échapper à la mort en fourrière.

Les actions que nous entreprenons, à la demande de vétérinaires et de personnes qui se trouvent, souvent malgré elles, confrontées à ce souci, ne sont pas également réparties dans tout le département. Les demandes d’aide proviennent plus souvent de la campagne et des petits villages que des villes.

La Fondation 30 Millions d’Amis, qui a repéré notre association en 2008 et nous aide depuis cette date, a acquitté, pour 2009, une partie de nos frais vétérinaires, pour un total de 3402 €. Mais c’est la seule aide financière que nous recevions, avec une subvention de 50 € émanant d’une petite commune. Dans ces conditions, vous comprenez aisément que «Charlotte et les autres…» vit de la motivation et du soutien financier que lui apportent ses adhérents et sympathisants.

L’entente tacite entre les différents partenaires qui contribuent au succès de notre entreprise commune a perduré en 2009 et je suis certaine que, malgré la crise, elle se poursuivra en 2010 et les années suivantes : les donateurs alimentent notre compte bancaire, qui sert presque exclusivement à acquitter les honoraires vétérinaires. (Les frais vétérinaires représentent entre 96 % et 99 % de nos dépenses selon les années), les protecteurs capturent, nourrissent, surveillent…, les vétérinaires qui collaborent avec nous -ils sont une soixantaine- nous consentent, avec beaucoup de gentillesse et de compréhension, les tarifs très bas qui sont compatibles avec l’état de nos finances.

A nous revient l’organisation, la liaison entre les différents partenaires, la gestion administrative, très lourde. Il me faut remercier particulièrement Odile Boch, Trésorière de l’association, qui passe plusieurs heures par jour dans les comptes, les chèques et les cartes de tatouage ; Jean Coron, qui s’occupe du site internet de l’association, que nous a offert Arnaud Métral, site très fréquenté ; et puis Agnès, employée de la S.P.A. des Cailloux, qui se charge bénévolement des explications aux protecteurs, du prêt des cages de capture, de la rédaction des bons. Le fonctionnement de notre association repose exclusivement sur le bénévolat. Ainsi que peuvent le constater ceux qui assistent à l’assemblée générale et approuvent les comptes, notre bilan ne comporte pas de frais de gestion, si l’on excepte la prime d’assurances obligatoire. La quasi-totalité de l’argent collecté est affectée à notre mission de secours sanitaire aux chats errants.

Les appels au secours proviennent d’un peu partout dans le département, et dépassent même les limites de la Côte d’Or depuis quelques années. La plupart du temps, nous sommes sollicités pour des groupes de chats qui se sont rassemblés autour des établissements près desquels ils ont la possibilité de trouver de quoi subsister quelque temps : les hôpitaux, les maisons de retraite, les aires d’autoroutes comportant un restaurant, les écoles et collèges dotés d’une cantine… Et beaucoup de nos protecteurs, parmi les plus sensibles, voient régulièrement s’accroître le nombre de leurs protégés : un chat famélique, ayant erré longtemps à la recherche de nourriture, découvre un jour la soupe populaire tenue par un nourrisseur, qui accueille sans hésiter le nouveau venu. Peut-on faire autrement ?

A plusieurs reprises cette année, on nous a signalé des cas de maltraitance, mauvais traitements, sévices ou cruauté envers des chats. Il semble que certains chasseurs, courroucés on ne sait trop pour quelle raison, se défoulent en tirant sur les chats qu’ils rencontrent, les tuant parfois, les blessant gravement plus souvent, ce qui est pire encore lorsqu’il s’agit d’un chat sans maître qui va se cacher pour souffrir et quelquefois agoniser pendant des jours. Les plaintes déposées sont trop souvent classées sans suite, les enquêteurs ne parvenant pas à identifier les coupables, et les témoins, lorsqu’il en existe, refusant la plupart du temps de témoigner officiellement, par crainte d’éventuelles représailles. Chacun d’entre nous doit avoir le courage, s’il a assisté à des actes condamnables, d’aller en témoigner à la gendarmerie, faute de quoi les coupables resteront impunis : notre association ne peut pas se substituer à celui qui a vu la scène, elle ne peut qu’appuyer sa démarche.

Vous constaterez, en lisant nos informations complémentaires, que seules 10 communes ont à ce jour signé la convention que propose le R.A.P.A.P.P.E.L. Cette convention utilise la possibilité offerte par la loi du 6 janvier 1999 de remplacer la mise en fourrière des chats errants (capture forcément suivie d’euthanasie, les chats sans maître n’étant évidemment jamais réclamés) par la stérilisation, l’identification et le relâcher sur le lieu de vie, dans le cadre d’une collaboration entre une municipalité et une association de protection animale.

«Comment peut-on encore, de nos jours, privilégier la méthode qui met à mort, alors qu’une autre méthode existe ? » direz-vous. C’est que les conseils municipaux sont le reflet de leurs administrés, et ils sont encore majoritaires, ceux qui pensent que s’il y a trop de chats quelque part, il n’y a qu’à les faire enlever, et peu importe ce qu’ils deviennent… Mais il faut, à mon avis, voir les choses autrement : grâce à l’action menée par notre association depuis 1999, il y a DEJA 10 communes qui ont signé la convention R.A.P.A.P.P.E.L., et aucune de ces communes ne l’a résiliée, alors que la possibilité de le faire est offerte chaque année. Petit à petit, la cause que nous défendons avance et les mentalités évoluent. Je ne doute pas que nous parviendrons un jour à ce que la Côte d’Or stérilise tous ses chats au lieu de les massacrer. Cette phrase de Margaret Mead, anthropologue, s’applique aussi à notre combat : « Ne doutez jamais du fait qu’un petit groupe de citoyens éclairés et déterminés puissent changer le monde. En fait, on n’a jamais pu le changer autrement.»

Comme chaque année, je compte sur votre soutien et votre fidélité, et vous en remercie du fond du coeur, au nom de tous les chats sans maître, sauvages ou moins sauvages, qui pourront être secourus ou sauvés grâce à vos dons.

Je vous prie de croire, cher adhérent, à l’expression de mes meilleurs sentiments.

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