Adhésion / Cotisation 2007

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Appel des cotisations 2007

Cher adhérent,

Un groupe de chats vivait presque paisiblement à Bouilland. Nourris par un couple de personnes âgées qui les avait pris en pitié, ils avaient été opérés et tatoués l’an dernier, grâce à des bons fournis par notre association. Mais comme elles sont rares, très rares, les maisons qui accordent aux chats qui errent, le ventre creux, l’assiette de nourriture salvatrice, le groupe s’est étoffé au gré des arrivées de nouveaux chats, venus probablement de loin et ayant beaucoup galéré avant de trouver de quoi ne pas mourir de faim. Nous venons donc d’établir d’autres bons pour ces « nouveaux ». Parmi eux, quatre jeunes chats, conduits là, il y a de cela quelques mois, par leur mère mourante qui, après s’être épuisée à assurer leur survie et avoir retenu sa vie jusqu’à l’extrême limite de ses forces, avait enfin trouvé, trop tard pour elle-même, ce havre où ses petits pourraient être sauvés.

D’autres chats, au nombre de trente, vivent à Broin. La prolifération a été enrayée : ils sont tous stérilisés. Depuis plusieurs années, une dame se bat pour eux, sans trouver la moindre aide sur place. C’est elle seule qui les nourrit, et qui nous a adressé récemment un appel au secours car des difficultés financières momentanées ne lui permettaient plus d’acheter de la nourriture et elle devait se résigner à leur donner, pour toute pitance, des pommes de terre réduites en purée. Vite, on remplit sa voiture de plateaux de boîtes et de sacs de croquettes, en souhaitant que la situation s’améliore rapidement pour la dame ainsi que pour les trente chats qui n’ont qu’elle au monde…

De temps en temps, ça et là, quelqu’un nous demande de l’aide pour un chat très maigre et qui semble malade. Repéré et attrapé parce qu’à bout de forces, porté chez le vétérinaire, il est arrivé plusieurs fois cette année qu’on ne puisse rien faire d’autre pour la pauvre bête que la piqûre destinée à la délivrer de la souffrance. Le chat agonisait ; il mourait de faim, au sens propre de l’expression (trois fois cette année) ou d’un cancer lui rongeant complètement la face (une fois). Jusqu’à ce qu’il ressemble à un squelette ou à un être sorti tout droit d’un film d’horreur, personne n’avait songé à lui porter secours…

Une famille quitte Normier, en y laissant sa chatte, probablement supposée pouvoir se débrouiller seule. La petite bête se réfugie dans une grange, lacère les sacs poubelle pour survivre, brave sa peur pour aller voler quelques reliefs dans l’écuelle d’un chien, et c’est ainsi que deux dames découvrent sa détresse… et la portée de chats qu’elle a mis au monde. Aujourd’hui, les chats, opérés, n’ont toujours que la grange pour abri, mais ils ne se reproduisent plus et les deux dames se relaient pour leur assurer une nourriture décente.

Si je vous ai conté ces quelques scènes de la vie quotidienne de notre association, c’est pour que vous puissiez prendre la mesure de la détresse, de la misère des chats errants, mais aussi de l’importance que revêt votre soutien à « Charlotte et les autres… ». Car les associations de protection animale dont le but est de porter secours aux chats qui ne peuvent avoir une place en refuge (ils sont de loin les plus nombreux et les plus malheureux) sont rares, peu connues, et leurs moyens très limités.

Toutefois, grâce à vos dons et à l’insigne générosité de notre présidente d’honneur, nous avons, en 2006, (sans tenir compte de décembre, mois pour lequel nous ne pouvons pas encore établir le bilan), fait stériliser et tatouer 177 chats, auprès des 42 vétérinaires de Côte d’Or ayant signé notre protocole d’accord et accepté nos conditions tarifaires. Cela réprésente de fortes sommes d’argent, bien sûr, mais aussi un travail considérable. Il faut contrôler les demandes qui nous parviennent, souvent même en nous rendant sur place, car certaines personnes peu scrupuleuses n’hésitent pas à nous demander un bon pour leur propre chat en essayant de le faire passer pour un chat sans maître, organiser l’opération, mettre en contact le « protecteur » et le vétérinaire concerné, prêter la cage-piège et expliquer son fonctionnement, s’assurer que le « protecteur » s’engage à nourrir quotidiennement le chat jusqu’à sa mort, effectuer des missions de surveillance, procéder aux très rares adoptions possibles, gérer les cartes de tatouage et les registres légaux, établir les comptes-rendus annuels etc…

Il convient aussi de continuer à prendre contact avec les mairies pour tenter d’obtenir la signature d’une convention entre la municipalité et le R.A.P.A.P.P.E.L. (Rassemblement des associations de protection animale ne pratiquant pas l’euthanasie libératoire, groupement d’associations dont « Charlotte et les autres… » est le leader). Des conventions ont été signées avec les villes de Dijon, Crugey, Fauverney, Izeure, Perrigny-sur-l’Ognon et des négociations sont en cours avec plusieurs autres municipalités. Pour ceux d’entre vous qui ne le savent pas encore, je précise que les conventions proposées par le R.A.P.A.P.P.E.L. remplacent le recours à la fourrière (donc à l’euthanasie) par la capture, la stérilisation, le tatouage et le relâcher sur le site de vie. Ce qui implique évidemment d’organiser aussi le ravitaillement quotidien des chats, ce qui n’est pas le plus facile, loin de là.

A ce propos, je vous remercie de bien vouloir nous aider à combattre une idée particulièrement pernicieuse que certains s’obstinent à colporter, idée selon laquelle les chats seraient capables de se nourrir seuls, en chassant les souris ! Il vous appartient à tous de clamer la vérité : à vous, qui nourrissez chaque jour un petit groupe affamé, jamais vraiment rassasié, qui attend avec impatience l’heure de la « gamelle » ; à vous, qui savez qu’un chat, faute de mieux, mange de la purée car il ne trouve rien, même à la campagne, à se mettre sous la dent ; à vous qui savez que chaque jour des chats meurent de faim ou d’accidents provoqués par la faim. Ne laissons pas se répandre cette légende qui permet à certains de fuir leurs responsabilités en se donnant bonne conscience.

D’ailleurs, d’où nous viennent donc les demandes les plus stressantes pour nous, parce qu’elles concernent un grand nombre de chats ? Des maisons de retraite, (celle de Neuilly-les-Dijon cette année), des hôpitaux, aux abords desquels les restes des repas sont distribués aux chats par les résidents, les patients ou les cuisiniers, et plus rarement de fermes où quelqu’un fait l’aumône d’un peu de lait à une bande de chats faméliques.

Arnaud Métral, Directeur de la société Evonux, spécialisée en logiciels libres (open source) sous LINUX, a fait à notre association un cadeau magnifique : un site internet. Arnaud et son équipe se sont chargés bénévolement de tout. A nous maintenant de rédiger les textes à publier sur le site www.charlotte-et-les-autres.com . Nous n’en sommes qu’aux balbutiements, faute de temps. Mais on peut d’ores et déjà imaginer l’importance du «coup de pouce» donné à «Charlotte et les autres…» par la réalisation de ce site.

Pour conclure, j’insiste sur les raisons que nous avons de nous réjouir et d’être fiers de notre oeuvre commune ainsi que de la qualité du travail que nous accomplissons ensemble. Cette année encore, nous avons pu répondre à tous les appels au secours sérieux qui nous sont parvenus, nous avons mené à bien certaines « campagnes » de stérilisation longues et compliquées et sauvé la vie de très nombreux chats malheureux. Une inquiétude cependant : au fil des mois, les demandes d’aide augmentent, et nous sommes presque toujours le dernier recours pour des « protecteurs » désespérés qui ont frappé en vain à toutes les portes avant de s’adresser à nous. Or, notre association ne reçoit pas de subventions ; c’est de nous, et de nous seuls, que dépendent les chats errants. C’est avec l’argent de nos cotisations que sont réglées les stérilisations et effectués les sauvetages. Leur nombre ne dépend pas du hasard, mais de notre générosité.

Peut-être n’est-il pas inutile que je vous rappelle que, dans le budget de notre association, les frais de fonctionnement n’existent pas. Si l’on excepte la prime d’assurance, obligatoire d’ailleurs, l’intégralité des sommes versées à l’association (cotisations et dons) est affectée aux soins vétérinaires ou à l’achat de nourriture.

Comme chaque année, je compte sur votre indéfectible motivation et sur votre fidélité, et vous en remercie bien vivement à l’avance.

Je vous prie de croire, Cher adhérent, à l’expression de mes meilleurs sentiments.

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